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Microsoft Working On "Post-Windows" Cloud Computing OS

CmdrTaco posted more than 5 years ago | from the it's-all-up-there-in-the-clouds-or-something dept.

Microsoft 208

Barence writes "Microsoft is working on a web-based operating system called Midori, as it looks to life beyond Windows. Midori is expected to be a cloud-computing service, and so not as dependent on hardware as current generations of Windows. It's also expected to run with a virtualization layer between the hardware and the OS, and is expected to be a commercial offshoot of the Singularity research project which Microsoft has been working on since 2003." If this story sounds familiar to you, it probably is.

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208 comments

FIRST PROUST! (-1, Offtopic)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24466715)

Du côté de chez Swann

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire: " Je m'endors. " Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de faire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage: une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil; elle ne choquait pas ma raison, mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n'était plus allumé. Puis elle commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d'une existence antérieure; le sujet du livre se détachait de moi, j'étais fibre de m'y appliquer ou non; aussitôt je recouvrais la vue et j'étais bien étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait être; j'entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d'un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l'étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine, et le petit chemin qu'il suit va être gravé dans son souvenir par l'excitation qu'il doit à des lieux nouveaux, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous la lampe étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour.

J'appuyais tendrement mes joues contre les belles joues de l'oreiller qui, pleines et fraîches, sont comme les joues de notre enfance. Je frottais une allumette pour regarder ma montre. Bientôt minuit. C'est l'instant où le malade qui a été obligé de partir en voyage et a dû coucher dans un hôtel inconnu, réveillé par une crise, se réjouit en apercevant sous la porte une raie de jour. Quel bonheur, c'est déjà le matin ! Dans un moment les domestiques seront levés, il pourra sonner, on viendra lui porter secours. L'espérance d'être soulagé lui donne du courage pour souffrir. Justement il a cru entendre des pas ; les pas se rapprochent, puis s'éloignent. Et la raie de jour qui était sous sa porte a disparu. C'est minuit ; on vient d'éteindre le gaz ; le dernier domestique est parti et il faudra rester toute la nuit à souffrir sans remède.

Je me rendormais, et parfois je n'avais plus que de courts réveils d'un instant, le temps d'entendre les craquements organiques des boiseries, d'ouvrir les yeux pour fixer le kaléidoscope de l'obscurité, de goûter grâce à une lueur momentanée de conscience le sommeil où étaient plongés les meubles, la chambre, le tout dont je n'étais qu'une petite partie et à l'insensibilité duquel je retournais vite m'unir. Ou bien en dormant j'avais rejoins sans effort un âge à jamais révolu de ma vie primitive, retrouvé telle de mes terreurs enfantines comme celle que mon grand-oncle me tirât par mes boucles et qu'avait dissipée le jour -- date pour moi d'une ère nouvelle --où on les avait coupées. J'avais oublié cet événement pendant mon sommeil, j'en retrouvais le souvenir aussitôt que j'avais réussi à m'éveiller pour échapper aux mains de mon grand-oncle, mais par mesure de précaution j'entourais complètement ma tête de mon oreiller avant de retourner dans le monde des rêves.

Quelquefois, comme Ève naquit d'une côte d'Adam, une femme naissait pendant mon sommeil d'une fausse position de ma cuisse. Formée du plaisir que j'étais sur le point de goûter, je m'imaginais que c'était elle qui me l'offrait. Mon corps qui sentait dans le sien ma propre chaleur voulait s'y rejoindre, je m'éveillais. Le reste des humains m'apparaissait comme bien lointain auprès de cette femme que j'avais quittée, il y avait quelques moments à peine; Ma joue était chaude encore de son baiser, mon corps courbaturé par le poids de sa taille. Si, comme il arrivait quelquefois, elle avait les traits d'une femme que j'avais connue dans la vie, j'allais me donner tout entier à ce but : la retrouver, comme ceux qui partent en voyage pour voir de leurs yeux une cité désirée et s'imaginent qu'on peut goûter dans une réalité le charme du songe. Peu à peu son souvenir s'évanouissait, j'avais oublié la fille de mon rêve.

Un homme qui dort tient en cercle autour de lui le fil des heures, l'ordre des années et des mondes. Il les consulte d'instinct en s'éveillant et y lit en une seconde le point de la terre qu'il occupe, le temps qui s'est écoulé jusqu'à son réveil ; mais leurs rangs peuvent se mêler, se rompre. Que vers le matin, après quelque insomnie, le sommeil le prenne en train de lire, dans une posture trop différente de celle où il dort habituellement, il suffit de son bras soulevé pour arrêter et faire reculer le soleil, et à la première minute de son réveil, il ne saura plus l'heure, il estimera qu'il vient à peine de se coucher. Que s'il s'assoupit dans une position encore plus déplacée et divergente, par exemple après dîner assis dans un fauteuil, alors le bouleversement sera complet dans les mondes désorbités, le fauteuil magique le fera voyager à toute vitesse dans le temps et dans l'espace, et au moment d'ouvrir les paupières, il se croira couché quelques mois plus tôt dans une autre contrée. Mais il suffisait que, dans mon lit même, mon sommeil fût profond et détendît entièrement mon esprit ; alors celui-ci lâchait le plan du lieu où je m'étais endormi et, quand je m'éveillais au milieu de la nuit, comme j'ignorais où je me trouvais, je ne savais même pas au premier instant qui j'étais ; j'avais seulement dans sa simplicité première le sentiment de l'existence comme il peut frémir au fond d'un animal ; j'étais plus dénué que l'homme des cavernes ; mais alors le souvenir--non encore du lieu où j'étais, mais de quelques-uns de ceux que j'avais habités et où j'aurais pu être--venait à moi comme un secours d'en haut pour me tirer du néant d'où je n'aurais pu sortir tout seul ; je passais en une seconde pardessus des siècles de civilisation, et l'image confusément entrevue de lampes à pétrole, puis de chemises à col rabattu, recomposaient peu à peu les traits originaux de mon moi.

Peut-être l'immobilité des choses autour de nous leur est-elle imposée par notre certitude que ce sont elles et non pas d'autres, par l'immobilité de notre pensée en face d'elles. Toujours est-il que, quand je me réveillais ainsi, mon esprit s'agitant pour chercher, sans y réussir, à savoir où j'étais, tout tournait autour de moi dans l'obscurité, les choses, les pays, les années. Mon corps, trop engourdi pour remuer, cherchait, d'après la forme de sa fatigue, à repérer la position de ses membres pour en induire la direction du mur, la place des meubles, pour reconstruire et pour nommer la demeure où il se trouvait. Sa mémoire, la mémoire de ses côtes, de ses genoux, de ses épaules, lui présentait successivement plusieurs des chambres où il avait dormi, tandis qu'autour de lui les murs invisibles, changeant de place selon la forme de la pièce imaginée, tourbillonnaient dans les ténèbres. Et avant même que ma pensée, qui hésitait au seuil des temps et des formes, eût identifié le logis en rapprochant les circonstances, lui,--mon corps,--se rappelait pour chacun le genre du lit, la place des portes, la prise de jour des fenêtres, I'existence d'un couloir, avec la pensée que j'avais en m'y endormant et que je retrouvais au réveil. Mon côté ankylosé, cherchant à deviner son orientation, s'imaginait, par exemple, allongé face au mur dans un grand lit à baldaquin, et aussitôt je me disais: " Tiens, j'ai fini par m'endormir quoique maman ne soit pas venue me dire bonsoir ", j'étais à la campagne chez mon grand-père, mort depuis bien des années; et mon corps, le côté sur lequel je reposais, gardiens fidèles d'un passé que mon esprit n'aurait jamais dû oublier, me rappelaient la flamme de la veilleuse de verre de Bohême, en forme d'urne, suspendue au plafond par des chaînettes, la cheminée en marbre de Sienne, dans ma chambre à coucher de Combray, chez mes grands-parents, en des jours lointains qu'en ce moment je me figurais actuels sans me les représenter exactement, et que je reverrais mieux tout à l'heure quand je serais tout à fait éveillé.

Puis renaissait le souvenir d'une nouvelle attitude; le mur filait dans une autre direction: j'étais dans ma chambre chez Mme de Saint-Loup, à la campagne; mon Dieu! il est au moins dix heures, on doit avoir fini de dîner! J'aurai trop prolongé la sieste que je fais tous les soirs en rentrant de ma promenade avec Mme de Saint-Loup, avant d'endosser mon habit. Car bien des années ont passé depuis Combray, où dans nos retours les plus tardifs c'étaient les reflets rouges du couchant que je voyais sur le vitrage de ma fenêtre. C'est un autre genre de vie qu'on mène à Tansonville, chez Mme de Saint-Loup, un autre genre de plaisir que je trouve à ne sortir qu'à la nuit, à suivre au clair de lune ces chemins où je jouais jadis au soleil; et la chambre où je me serai endormi au lieu de m'habiller pour le dîner, de loin je l'aperçois, quand nous rentrons, traversée par les feux de la lampe, seul phare dans la nuit.

Ces évocations tournoyantes et confuses ne duraient jamais que quelques secondes; souvent ma brève incertitude du lieu où je me trouvais ne distinguait pas mieux les unes des autres les diverses suppositions dont elle était faite, que nous n'isolons, en voyant un cheval courir, les positions successives que nous montre le kinétoscope. Mais j'avais revu tantôt l'une, tantôt l'autre des chambres que j'avais habitées dans ma vie, et je finissais par me les rappeler toutes dans les longues rêveries qui suivaient mon réveil: chambres d'hiver où quand on est couché, on se blottit la tête dans un nid qu'on se tresse avec les choses les plus disparates, un coin de l'oreiller, le haut des couvertures, un bout de châle, le bord du lit et un numéro des Débats roses, qu'on finit par cimenter ensemble selon la technique des oiseaux en s'y appuyant indéfiniment; où, par un temps glacial, le plaisir qu'on goûte est de se sentir séparé du dehors (comme l'hirondelle de mer qui a son nid au fond d'un souterrain dans la chaleur de la terre) et où, le feu étant entretenu toute la nuit dans la cheminée, on dort dans un grand manteau d'air chaud et fumeux, traversé des lueurs des tisons qui se rallument, sorte d'impalpable alcôve, de chaude caverne creusée au sein de la chambre même, zone ardente et mobile en ses contours thermiques, aérée de souffles qui nous rafraîchissent la figure et viennent des angles, des parties voisines de la fenêtre ou éloignées du foyer, et qui se sont refroidies;--chambres d'été où l'on aime être uni à la nuit tiède, où le clair de lune appuyé aux volets entrouverts jette jusqu'au pied du lit son échelle enchantée, où on dort presque en plein air, comme la mésange balancée par la brise à la pointe d'un rayon;--parfois la chambre Louis XVI, si gaie que même le premier soir je n'y avais pas été trop malheureux, et où les colonnettes qui soutenaient légèrement le plafond s'écartaient avec tant de grâce pour montrer et réserver la place du lit;--parfois au contraire celle, petite et si élevée de plafond, creusée en forme de pyramide dans la hauteur de deux étages et partiellement revêtue d'acajou, où, dès la première seconde, j'avais été intoxiqué moralement par l'odeur inconnue du vétiver, convaincu de l'hostilité des rideaux violets et de l'insolente indifférence de la pendule qui jacassait tout haut comme si je n'eusse pas été là; où une étrange et impitoyable glace à pieds quadrangulaire, barrant obliquement un des angles de la pièce, se creusait à vif dans la douce plénitude de mon champ visuel accoutumé un emplacement qui n'était pas prévu; où ma pensée, s'efforçant pendant des heures de se disloquer, de s'étirer en hauteur pour prendre exactement la forme de la chambre et arriver à remplir jusqu'en haut son gigantesque entonnoir, avait souffert bien de dures nuits, tandis que j'étais étendu dans mon lit, les yeux levés, l'oreille anxieuse, la narine rétive, le coeur battant, jusqu'à ce que l'habitude eût changé la couleur des rideaux, fait taire la pendule, enseigné la pitié à la glace oblique et cruelle, dissimulé, sinon chassé complètement, l'odeur du vétiver, et notablement diminué la hauteur apparente du plafond. L'habitude, aménageuse habile mais bien lente, et qui commence par laisser souffrir notre esprit pendant des semaines dans une installation provisoire, mais que malgré tout il est bien heureux de trouver, car sans l'habitude et réduit à ses seuls moyens, il serait impuissant à nous rendre un logis habitable.

Certes, j'étais bien éveillé maintenant, mon corps avait viré une dernière fois et le bon ange de la certitude avait tout arrêté autour de moi, m'avait couché sous mes couvertures, dans ma chambre, et avait mis approximativement à leur place dans l'obscurité ma commode, mon bureau, ma cheminée, la fenêtre sur la rue et les deux portes. Mais j'avais beau savoir que je n'étais pas dans les demeures dont l'ignorance du réveil m'avait en un instant sinon présenté l'image distincte, du moins fait croire la présence possible, le branle était donné à ma mémoire; généralement je ne cherchais pas à me rendormir tout de suite; je passais la plus grande partie de la nuit à me rappeler notre vie d'autrefois à Combray chez ma grande tante, à Balbec, à Paris, à Doncières, à Venise, ailleurs encore, à me rappeler les lieux, les personnes que j'y avais connues, ce que j'avais vu d'elles, ce qu'on m'en avait raconté.

A Combray, tous les jours dès la fin de l'après-midi, longtemps avant le moment où il faudrait me mettre au lit et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand'mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où on me trouvait l'air trop malheureux, de me donner une lanterne magique dont, en attendant l'heure du dîner, on coiffait ma lampe; et, à l'instar des premiers architectes et maîtres verriers de l'âge gothique, elle substituait à l'opacité des murs d'impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme dans un vitrail vacillant et momentané. Mais ma tristesse n'en était qu'accrue, parce que rien que le changement d'éclairage détruisait l'habitude que j'avais de ma chambre et grâce à quoi, sauf le supplice du coucher, elle m'était devenue supportable. Maintenant je ne la reconnaissais plus et j'y étais inquiet, comme dans une chambre d'hôtel ou de " chalet " où je fusse arrivé pour la première fois en descendant de chemin de fer.

Au pas saccadé de son cheval, Golo, plein d'un affreux dessein, sortait de la petite forêt triangulaire qui veloutait d'un vert sombre la pente d'une colline, et s'avançait en tressautant vers le château de la pauvre Geneviève de Brabant. Ce château était coupé selon une ligne courbe qui n'était autre que la limite d'un des ovales de verre ménagés dans le châssis qu'on glissait entre les coulisses de la lanterne. Ce n'était qu'un pan de château, et il avait devant lui une lande où rêvait Geneviève, qui portait une ceinture bleue. Le château et la lande étaient jaunes, et je n'avais pas attendu de les voir pour connaître leur couleur, car, avant les verres du châssis, la sonorité mordorée du nom de Brabant me l'avait montrée avec évidence. Golo s'arrêtait un instant pour écouter avec tristesse le boniment lu à haute voix par ma grande tante, et qu'il avait l'air de comprendre parfaitement, conformant son attitude, avec une docilité qui n'excluait pas une certaine majesté, aux indications du texte; puis il s'éloignait du même pas saccadé. Et rien ne pouvait arrêter sa lente chevauchée. Si on bougeait la lanterne, je distinguais le cheval de Golo qui continuait à s'avancer sur les rideaux de la fenêtre, se bombant de leurs plis, descendant dans leurs fentes. Le corps de Golo lui-même, d'une essence aussi surnaturelle que celui de sa monture, s'arrangeait de tout obstacle matériel, de tout objet gênant qu'il rencontrait en le prenant comme ossature et en se le rendant intérieur, fût-ce le bouton de la porte sur lequel s'adaptait aussitôt et surnageait invinciblement sa robe rouge ou sa figure pâle toujours aussi noble et aussi mélancolique, mais qui ne laissait paraître aucun trouble de cette transvertébration.

Certes je leur trouvais du charme à ces brillantes projections qui semblaient émaner d'un passé mérovingien et promenaient autour de moi des reflets d'histoire si anciens. Mais je ne peux dire quel malaise me causait pourtant cette intrusion du mystère et de la beauté dans une chambre que j'avais fini par remplir de mon moi au point de ne pas faire plus attention à elle qu'à lui-même. L'influence anesthésiante de l'habitude ayant cessé, je me mettais à penser, à sentir, choses si tristes. Ce bouton de la porte de ma chambre, qui différait pour moi de tous les autres boutons de porte du monde en ceci qu'il semblait ouvrir tout seul, sans que j'eusse besoin de le tourner, tant le maniement m'en était devenu inconscient, le voilà qui servait maintenant de corps astral à Golo. Et dès qu'on sonnait le dîner, j'avais hâte de courir à la salle à manger où la grosse lampe de la suspension, ignorante de Golo et de Barbe-Bleue, et qui connaissait mes parents et le boeuf à la casserole, donnait sa lumière de tous les soirs, et de tomber dans les bras de maman que les malheurs de Geneviève de Brabant me rendaient plus chère, tandis que les crimes de Golo me faisaient examiner ma propre conscience avec plus de scrupules.

Après le dîner, hélas, j'étais bientôt obligé de quitter maman qui restait à causer avec les autres, au jardin s'il faisait beau, dans le petit salon où tout le monde se retirait s'il faisait mauvais. Tout le monde, sauf ma grand'mère qui trouvait que " c'est une pitié de rester enfermé à la campagne " et qui avait d'incessantes discussions avec mon père, les jours de trop grande pluie, parce qu'il m'envoyait lire dans ma chambre au lieu de rester dehors. " Ce n'est pas comme cela que vous le rendrez robuste et énergique, disait-elle tristement, surtout ce petit qui a tant besoin de prendre des forces et de la volonté " Mon père haussait les épaules et il examinait le baromètre, car il aimait la météorologie, pendant que ma mère, évitant de faire du bruit pour ne pas le troubler, le regardait avec un respect attendri, mais pas trop fixement pour ne pas chercher à percer le mystère de ses supériorités. Mais ma grand'mère, elle, par tous les temps, même quand la pluie faisait rage et que Françoise avait précipitamment rentré les précieux fauteuils d'osier de peur qu'ils ne fussent mouillés, on la voyait dans le jardin vide et fouetté par l'averse, relevant ses mèches désordonnées et grises pour que son front s'imbibât mieux de la salubrité du vent et de la pluie. Elle disait: " Enfin, on respire! " et parcourait les allées détrempées - trop symétriquement alignées à son gré par le nouveau jardinier dépourvu du sentiment de la nature et auquel mon père avait demandé depuis le matin si le temps s'arrangerait - de son petit pas enthousiaste et saccadé, réglé sur les mouvements divers qu'excitaient dans son âme l'ivresse de l'orage, la puissance de l'hygiène, la stupidité de mon éducation et la symétrie des jardins, plutôt que sur le désir, inconnu d'elle, d'éviter à sa jupe prune les taches de boue sous lesquelles elle disparaissait jusqu'à une hauteur qui était toujours pour sa femme de chambre un désespoir et un problème.

Quand ces tours de jardin de ma grand'mère avaient lieu après dîner, une chose avait le pouvoir de la faire rentrer: c'était - à un des moments où la révolution de sa promenade la ramenait périodiquement, comme un insecte, en face des lumières du petit salon où les liqueurs étaient servies sur la table à jeu - si ma grand'tante lui criait: " Bathilde! viens donc empêcher ton mari de boire du cognac! " Pour la taquiner, en effet (elle avait apporté dans la famille de mon père un esprit si différent que tout le monde la plaisantait et la tourmentait), comme les liqueurs étaient défendues à mon grand-père, ma grand'tante lui en faisait boire quelques gouttes. Ma pauvre grand'mère entrait, priait ardemment son mari de ne pas goûter au cognac; il se fâchait, buvait tout de même sa gorgée, et ma grand'mère repartait, triste, découragée, souriante pourtant, car elle était si humble de coeur et si douce que sa tendresse pour les autres et le peu de cas qu'elle faisait de sa propre personne et de ses souffrances se conciliaient dans son regard en un sourire où, contrairement à ce qu'on voit dans le visage de beaucoup d'humains, il n'y avait d'ironie que pour elle-même, et pour nous tous comme un baiser de ses yeux qui ne pouvaient voir ceux qu'elle chérissait sans les caresser passionnément du regard. Ce supplice que lui infligeait ma grand'tante, le spectacle des vaines prières de ma grand'mère et de sa faiblesse, vaincue d'avance essayant inutilement d'ôter à mon grand-père le verre à liqueur, c'était de ces choses à la vue desquelles on s'habitue plus tard jusqu'à les considérer en riant et à prendre le parti du persécuteur assez résolument et gaiement pour se persuader à soi-même qu'il ne s'agit pas de persécution; elles me causaient alors une telle horreur que j'aurais aimé battre ma grand'tante. Mais dès que j'entendais: "Bathilde, viens donc empêcher ton mari de boire du cognac! " déjà homme par la lâcheté, je faisais ce que nous faisons tous, une fois que nous sommes grands, quand il y a devant nous des souffrances et des injustices: je ne voulais pas les voir; je montais sangloter tout en haut de la maison à côté de la salle d'études, sous les toits, dans une petite pièce sentant l'iris, et que parfumait aussi un cassis sauvage poussé au dehors entre les pierres de la muraille et qui passait une branche de fleurs par la fenêtre entr'ouverte. Destinée à un usage plus spécial et plus vulgaire, cette pièce, d'où l'on voyait pendant le jour jusqu'au donjon de Roussainville-le-Pin, servit longtemps de refuge pour moi, sans doute parce qu'elle était la seule qu'il me fût permis de fermer à clef, à toutes celles de mes occupations qui réclamaient une inviolable solitude: la lecture, la rêverie, les larmes et la volupté. Hélas! je ne savais pas que, bien plus tristement que les petits écarts de régime de son mari, mon manque de volonté, ma santé délicate, l'incertitude qu'ils projetaient sur mon avenir, préoccupaient ma grand'mère au cours de ces déambulations incessantes de l'après-midi et du soir, où on voyait passer et repasser, obliquement levé vers le ciel, son beau visage aux joues brunes et sillonnées, devenues au retour de l'âge presque mauves comme les labours à l'automne, barrées, si elle sortait, par une voilette à demi relevée, et sur lesquelles, amené là par le froid ou quelque triste pensée, était toujours en train de sécher un pleur involontaire.

Ma seule consolation, quand je montais me coucher, était que maman viendrait m'embrasser quand je serais dans mon lit. Mais ce bonsoir durait si peu de temps, elle redescendait si vite, que le moment où je l'entendais monter, puis où passait dans le couloir à double porte le bruit léger de sa robe de jardin en mousseline bleue, à laquelle pendaient de petits cordons de paille tressée, était pour moi un moment douloureux. Il annonçait celui qui allait le suivre, où elle m'aurait quitté, où elle serait redescendue. De sorte que ce bonsoir que j'aimais tant, j'en arrivais à souhaiter qu'il vînt le plus tard possible, à ce que se prolongeât le temps de répit où maman n'était pas encore venue. Quelquefois quand, après m'avoir embrassé, elle ouvrait ma porte pour partir, je voulais la rappeler, lui dire " embrasse-moi une fois encore " , mais je savais qu'aussitôt elle aurait son visage fâché, car la concession qu'elle faisait à ma tristesse et à mon agitation en montant m'embrasser, en m'apportant ce baiser de paix, agaçait mon père qui trouvait ces rites absurdes, et elle eût voulu tâcher de m'en faire perdre le besoin, l'habitude, bien loin de me laisser prendre celle de lui demander quand elle était déjà sur le pas de la porte, un baiser de plus. Or la voir fâchée détruisait tout le calme qu'elle m'avait apporté un instant avant, quand elle avait penché vers mon lit sa figure aimante, et me l'avait tendue comme une hostie pour une communion de paix où mes lèvres puiseraient sa présence réelle et le pouvoir de m'endormir. Mais ces soirs-là où maman en somme restait si peu de temps dans ma chambre, étaient doux encore en comparaison de ceux où il y avait du monde à dîner et où, à cause de cela, elle ne montait pas me dire bonsoir. Le monde se bornait habituellement à M. Swann, qui, en dehors de quelques étrangers de passage, était à peu près la seule personne qui vînt chez nous à Combray, quelquefois pour dîner en voisin (plus rarement depuis qu'il avait fait ce mauvais mariage, parce que mes parents ne voulaient pas recevoir sa femme), quelquefois après le dîner, à l'improviste. Les soirs où, assis devant la maison sous le grand marronnier, autour de la table de fer, nous entendions au bout du jardin, non pas le grelot profus et criard qui arrosait, qui étourdissait au passage de son bruit ferrugineux, intarissable et glacé, toute personne de la maison qui le déclenchait en entrant " sans sonner " mais le double tintement timide, ovale et doré de la clochette pour les étrangers, tout le monde aussitôt se demandait: " Une visite, qui cela peut-il être? " mais on savait bien que cela ne pouvait être que M. Swann; ma grand'tante parlant à haute voix, pour prêcher d'exemple, sur un ton qu'elle s'efforçait de rendre naturel, disait de ne pas chuchoter ainsi; que rien n'est plus désobligeant pour une personne qui arrive et à qui cela fait croire qu'on est en train de dire des choses qu'elle ne doit pas entendre; et on envoyait en éclaireur ma grand'mère, toujours heureuse d'avoir un prétexte pour faire un tour de jardin de plus, et qui en profitait pour arracher subrepticement au passage quelques tuteurs de rosiers afin de rendre aux roses un peu de naturel, comme une mère qui pour les faire bouffer, passe la main dans les cheveux de son fils que le coiffeur a trop aplatis.

Nous restions tous suspendus aux nouvelles que ma grand'mère allait nous apporter de l'ennemi, comme si on eût pu hésiter entre un grand nombre possible d'assaillants, et bientôt après mon grand-père disait: " Je reconnais la voix de Swann " .On ne le reconnaissait en effet qu'à la voix, on distinguait mal son visage au nez busqué, aux yeux verts, sous un haut front entouré de cheveux blonds presque roux, coiffés à la Bressant, parce que nous gardions le moins de lumière possible au jardin pour ne pas attirer les moustiques, et j'allais, sans en avoir l'air, dire qu'on apportât les sirops; ma grand'mère attachait beaucoup d'importance, trouvant cela plus aimable, à ce qu'ils n'eussent pas l'air de figurer d'une façon exceptionnelle, et pour les visites seulement. M. Swann, quoique beaucoup plus jeune que lui, était très lié avec mon grand-père, qui avait été un des meilleurs amis de son père, homme excellent mais singulier, chez qui, paraît-il, un rien suffisait parfois pour interrompre les élans du coeur, changer le cours de la pensée. J'entendais plusieurs fois par an mon grand-père raconter à table des anecdotes toujours les mêmes sur l'attitude qu'avait eue M. Swann le père, à la mort de sa femme qu'il avait veillée jour et nuit. Mon grand-père qui ne l'avait pas vu depuis longtemps était accouru auprès de lui dans la propriété que les Swann possédaient aux environs de Combray, et avait réussi, pour qu'il n'assistât pas à la mise en bière, à lui faire quitter un moment, tout en pleurs, la chambre mortuaire. Ils firent quelques pas dans le parc où il y avait un peu de soleil. Tout d'un coup, M. Swann prenant mon grand-père parle bras s'était écrié: " Ah! mon vieil ami, quel bonheur de se promener ensemble par ce beau temps ! Vous ne trouvez pas ça joli, tous ces arbres, ces aubépines et mon étang dont vous ne m'avez jamais félicité? Vous avez l'air comme un bonnet de nuit. Sentez-vous ce petit vent? Ah! on a beau dire, la vie a du bon tout de même, mon cher Amédée! " Brusquement le souvenir de sa femme morte lui revint, et trouvant sans doute trop compliqué de chercher comment il avait pu à un pareil moment se laisser aller à un mouvement de joie, il se contenta, par un geste qui lui était familier chaque fois qu'une question ardue se présentait à son esprit, de passer la main sur son front, d'essuyer ses yeux et les verres de son lorgnon. Il ne put pourtant pas se consoler de la mort de sa femme, mais pendant les deux années qu'il lui survécut, il disait à mon grand-père: " C'est drôle, je pense très souvent à ma pauvre femme, mais je ne peux y penser beaucoup à la fois. " " Souvent mais peu à la fois, comme le pauvre père Swann ", était devenu une des phrases favorites de mon grand-père qui la prononçait à propos des choses les plus différentes. Il m'aurait paru que ce père de Swann était un monstre, si mon grand-père que je considérais comme meilleur juge et dont la sentence, faisant jurisprudence pour moi, m'a souvent servi dans la suite à absoudre des fautes que j'aurais été enclin à condamner, ne s'était récrié: " Mais comment? c'était un coeur d'or! "

Pendant bien des années, où pourtant, surtout avant son mariage, M. Swann, le fils, vint souvent les voir à Combray, ma grand'tante et mes grands parents ne soupçonnèrent pas qu'il ne vivait plus du tout dans la société qu'avait fréquentée sa famille et que sous l'espèce d'incognito que lui faisait chez nous ce nom de Swann, ils hébergeaient -- avec la parfaite innocence d'honnêtes hôteliers qui ont chez eux, sans le savoir, un célèbre brigand -- un des membres les plus élégants du Jockey-Club, ami préféré du comte de Paris et du prince de Galles, un des hommes les plus choyés de la haute société du faubourg Saint-Germain.L'ignorance où nous étions de cette brillante vie mondaine que menait Swann tenait évidemment en partie à la réserve et à la discrétion de son caractère, mais aussi à ce que les bourgeois d'alors se faisaient de la société une idée un peu hindoue, et la considéraient comme composée de castes fermées où chacun, dès sa naissance, se trouvait placé dans le rang qu'occupaient ses parents, et d'où rien, à moins des hasards d'une carrière exceptionnelle ou d'un mariage inespéré, ne pouvait vous tirer pour vous faire pénétrer dans une caste supérieure. M. Swann, le père, était agent de change; le " fils Swann " se trouvait faire partie pour toute sa vie d'une caste où les fortunes, comme dans une catégorie de contribuables, variaient entre tel et tel revenu. On savait quelles avaient été les fréquentations de son père, on savait donc quelles étaient les siennes, avec quelles personnes il était " en situation " de frayer. S'il en connaissait d'autres, c'étaient relations de jeune homme sur lesquelles des amis anciens de sa famille, comme étaient mes parents, fermaient d'autant plus bienveillamment les yeux qu'il continuait, depuis qu'il était orphelin, à venir très fidèlement nous voir; mais il y avait fort à parier que ces gens inconnus de nous qu'il voyait étaient de ceux qu'il n'aurait pas osé saluer si, étant avec nous, il les avait rencontrés. Si l'on avait voulu à toute force appliquer à Swann un coefficient social qui lui fût personnel, entre les autres fils d'agents de situation égale à celle de ses parents, ce coefficient eût été pour lui un peu inférieur parce que, très simple de façons et ayant toujours eu une " toquade " d'objets anciens et de peinture, il demeurait maintenant dans un vieil hôtel où il entassait ses collections et que ma grand'mère rêvait de visiter, mais qui était situé quai d'Orléans, quartier que ma grand'tante trouvait infamant d'habiter " Êtes-vous seulement connaisseur? Je vous demande cela dans votre intérêt, parce que vous devez vous faire repasser des croûtes par les marchands ", lui disait ma grand'tante; elle ne lui supposait en effet aucune compétence, et n'avait pas haute idée, même au point de vue intellectuel, d'un homme qui, dans la conversation, évitait les sujets sérieux et montrait une précision fort prosaïque, non seulement quand il nous donnait, en entrant dans les moindres détails, des recettes de cuisine, mais même quand les soeurs de ma grand'mère parlaient de sujets artistiques. Provoqué par elles à donner son avis, à exprimer son admiration pour un tableau, il gardait un silence presque désobligeant, et se rattrapait en revanche s'il pouvait fournir sur le musée où il se trouvait, sur la date où il avait été peint, un renseignement matériel. Mais d'habitude il se contentait de chercher à nous amuser en racontant chaque fois une histoire nouvelle qui venait de lui arriver avec des gens choisis parmi ceux que nous connaissions, avec le pharmacien de Combray, avec notre cuisinière, avec notre cocher. Certes ces récits faisaient rire ma grand'tante, mais sans qu'elle distinguât bien si c'était à cause du rôle ridicule que s'y donnait toujours Swann ou de l'esprit qu'il mettait à les conter: " On peut dire que vous êtes un vrai type, monsieur Swann! " Comme elle était la seule personne un peu vulgaire de notre famille, elle avait soin de faire remarquer aux étrangers, quand on parlait de Swann, qu'il aurait pu, s'il avait voulu, habiter boulevard Haussmann ou avenue de l'Opéra, qu'il était le fils de M. Swann qui avait du lui laisser quatre ou cinq millions, mais que c'était sa fantaisie. Fantaisie qu'elle jugeait au reste devoir être si divertissante pour les autres qu'à Paris, quand M. Swann venait le Ier janvier lui apporter son sac de marrons glacés, elle ne manquait pas, s'il y avait du monde, de lui dire: " Eh bien! Monsieur Swann, vous habitez toujours près de l'Entrepôt des vins, pour être sûr de ne pas manquer le train quand vous prenez le chemin de Lyon? n Et elle regardait du coin de l'oeil, par-dessus son lorgnon, les autres visiteurs.

Mais si l'on avait dit à ma grand'tante que ce Swann qui en tant que fils Swann était parfaitement " qualifié " pour être reçu par toute la " belle bourgeoisie n, par les notaires ou les avoués les plus estimés de Paris (privilège qu'il semblait laisser tomber un peu en quenouille), avait, comme en cachette, une vie toute différente; qu'en sortant de chez nous, à Paris, après nous avoir dit qu'il rentrait se coucher, il rebroussait chemin à peine la rue tournée et se rendait dans tel salon que jamais l'oeil d'aucun agent ou associé d'agent ne contempla, cela eût paru aussi extraordinaire à ma tante qu'aurait pu l'être pour une dame plus lettrée la pensée d'être personnellement liée avec Aristée dont elle aurait compris qu'il allait, après avoir causé avec elle, plonger au sein des royaumes de Thétis, dans un empire soustrait aux yeux des mortels, et où Virgile nous le montre reçu à bras ouverts; ou, pour s'en tenir à une image qui avait plus de chance de lui venir à l'esprit, car elle l'avait vue peinte sur nos assiettes à petits fours de Combray, d'avoir eu à dîner Mi-Baba, lequel, quand il se saura seul, pénétrera dans la caverne éblouissante de trésors insoupçonnés.

Un jour qu'il était venu nous voir à Paris, après dîner, en s'excusant d'être en habit, Françoise ayant, après son départ, dit tenir du cocher qu'il avait dîné " chez une princesse ", - " Oui, chez une princesse du demi-monde!" avait répondu ma tante en haussant les épaules sans lever les yeux de sur son tricot, avec une ironie sereine.

Aussi, ma grand'tante en usait-elle cavalièrement avec lui. Comme elle croyait qu'il devait être flatté par nos invitations, elle trouvait tout naturel qu'il ne vint pas nous voir l'été sans avoir à la main un panier de pêches ou de framboises de son jardin, et que de chacun de ses voyages d'Italie il m'eût rapporté des photographies de chefs-d'oeuvre.

FAGS!

Re:FIRST PROUST! (2, Funny)

ianare (1132971) | more than 5 years ago | (#24466913)

va chier !!

Re:FIRST PROUST! (1)

MRe_nl (306212) | more than 5 years ago | (#24467827)

[CITATION NEEDED]

I, for one... (5, Funny)

m3j00 (606453) | more than 5 years ago | (#24466721)

...welcome our old software-as-a-service overlords.

Re:I, for one... (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24467261)

I for one, welcome our sickeningly sweet but curiously melon-flavored overlords.

Re:I, for one... (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24467341)

So now, will the service be re-named to screwice?

Re:I, for one... (1)

BELG (4429) | more than 5 years ago | (#24468057)

No, no. Microsoft didn't invent SaaS, so they vehemently deny ever having heard of it.

Instead, they "invented" Software + Service (S+S) [microsoft.com] .

Being a multi-billion-dollar megalomaniac seems positively funderful.

This can only be a good thing (5, Informative)

blowdart (31458) | more than 5 years ago | (#24466727)

As apparently it comes with a dupe detector [slashdot.org] built in. Well if "well respected" journalists can claim things based on supposition and hope then surely I can as well?

Re:This can only be a good thing (1)

Z00L00K (682162) | more than 5 years ago | (#24466833)

Or a dupe generator allowing spammers to sell even more V1agra.

Re:This can only be a good thing (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24466965)

Yeah yeah, whatever. Quit being such a fucking tarbaby about it.

Re:This can only be a good thing (1)

Nerdfest (867930) | more than 5 years ago | (#24466975)

Of course you can ... it's a service.

For reals? (-1, Offtopic)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24466771)

Are there any Jews involved?
GNAA?
Dead Nigger Storage?
In Soviet Russia?
Natalie Portman?
Grits?
Beowulf cluster?
Goatse?
Will it run Linux?
BALLMER!
Micro$oft!

Just trying to get those out of the way...

Do you know what you are talking about? (5, Insightful)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24466785)

so not as dependent on hardware as current generations of Windows. It's also expected to run with a virtualisation layer between the hardware and the OS,

You mean a kind of, say, Hardware Abstraction Layer [wikipedia.org] ?

Yeah... they've been doing that kind of thing for over ten years.

Re:Do you know what you are talking about? (1)

CDarklock (869868) | more than 5 years ago | (#24467573)

Yeah, and operating systems have been around for like, forty. There's nothing new here at all. It's just code that runs on a machine.

Re:Do you know what you are talking about? (2, Funny)

negRo_slim (636783) | more than 5 years ago | (#24467663)

It's just code that runs on a machine.

It's just a payment automatically debited from your account each month!

Re:Do you know what you are talking about? (1)

smitty_one_each (243267) | more than 5 years ago | (#24467777)

Only ten?
They've been repackaging and selling the same ideas for far longer than that.

Re:Do you know what you are talking about? (1)

master_p (608214) | more than 5 years ago | (#24467873)

I think Midori will have a virtual machine with a custom ISA, it will not only be a HAL.

Best "Cloud Computing OS" name: (5, Funny)

El_Muerte_TDS (592157) | more than 5 years ago | (#24466791)

Cloud 9!

too bad it's by definition vaporware.

Re:Best "Cloud Computing OS" name: (1)

Chrisq (894406) | more than 5 years ago | (#24467049)

No that's the Bell Labs version.

Re:Best "Cloud Computing OS" name: (1)

eclectro (227083) | more than 5 years ago | (#24467771)

It's not that it's vaporware, it's just that at microsoft the sky is always blue.

Re:Best "Cloud Computing OS" name: (5, Funny)

FlyingSquidStudios (1031284) | more than 5 years ago | (#24468103)

As is the screen.

So now (3, Interesting)

Z00L00K (682162) | more than 5 years ago | (#24466799)

The operating system behavior with functions will be even more cloudy.

An application will reside somewhere in the cloud and it will be harder to realize if it is a legitimate application or if it is some malicious program.

Of course - there will be advantages too with an OS like that, especially for distributed computing problems.

Or as in the classic SF story with the question of "Does God exist?" - "Yes NOW there is a God" when all the computers in the net got connected. And the man trying to disable the connection got vaporized by a lightning.

who's buying? (2, Insightful)

RingDev (879105) | more than 5 years ago | (#24467223)

Of course - there will be advantages too with an OS like that, especially for distributed computing problems.

And how many average Joe consumers do you know of that require distributed computing problems?

I mean, I'm sitting on a dual core 3.4 ghz machine with 2 gigs of memory. The hardest stuff I put it through is compiles, games, and the occasional rendering, all of which being handled at the local level perform acceptably and any gain in processing time in the 'cloud' is negated by my 1.5 Mb (cha right!) network connection.

Sure, this is great for companies/facilities that require cloud computing, but for average consumers, there is absolutely no reason to buy it. Heck, if it weren't for the security concerns and drivers, most consumers could survive quite well on Windows 98.

-Rick

Re:who's buying? (2, Interesting)

SatanicPuppy (611928) | more than 5 years ago | (#24467321)

You're missing the point. Local machines are relatively inefficient; so you could have a local machine that's effectively a thin client with all its processing offloaded into the cloud.

A step like this is an attempt to do away with the local machine; software as service, but also computer as service.

Re:who's buying? (4, Interesting)

RingDev (879105) | more than 5 years ago | (#24467679)

Who cares if they are relatively inefficient. Could a thin client browse the web, check email, play youtube videos? Sure! But why should I get my aging mother to buy a new one when her 3 year old PC is still doing just fine? What's the motivating factor? Not only will I have to motivate her to buy a new PC, but I'll also have to convince her to pay for a monthly service so that she can do all the same stuff she currently does for free. And all the documents that she has, many of which are sensitive in nature, are now going to be hosted on the internet. I'm failing to see why any post about cloud computing for consumers is tagged as anything other than "badidea;goodluckwiththat".

And for as 'relatively inefficient' as desktop PC's are, the network connection you rely on is significantly more inefficient. Sure, passing text blocks isn't a problem, even passing low resolution video only requires a few minutes of queuing. But have you ever tried playing a video game over remote desktop where instead of sending the data across the network you are sending full screen images? I'll give you a hint, even if the cloud computing is rendering 9000 frames per second, you'll be getting a max of 1 frame per second on a 19" monitor at a decent resolution.

And there in lies the rub, if you have a system that is powerful enough to play any modern graphics intensive video game, you have a machine that is more than capable of doing everything else the average consumer would do. Buying a new machine, OS, and dealing with all the pain and inconsistencies of depending on SaS is not a worth while investment.

Corporate use? Maybe. But consumer use? no way. This is not going to be the "next Windows".

-Rick

Re:who's buying? (1)

SatanicPuppy (611928) | more than 5 years ago | (#24467989)

This is true is you have one right now...But you're going to need a new one in a few years, and a new one a few years after that, etc, etc...

Now a gamer or a hardcore geek would be fine with buying new machines...I personally have enough to heat my house in the winter. But a family that needs three or four machines? Your grandma who doesn't want to have to think about it? That's a powerful demographic that you could sell a virtual machine to, a machine that would be far more reliable, never go obsolete, never get a virus, the works.

That's what they're pointed at. Sure it's not going to be great for gaming today, but this really isn't about today.

Re:who's buying? (1)

smilindog2000 (907665) | more than 5 years ago | (#24467923)

I think this is becoming less true over time - local machines are becoming more cost effective. For $259, I can get a Dell 350N dual-core processor. The freaking warranty use to cost more than that. More and more of the total cost is in the I/O systems - the Dell 350N is advertised with a $200 flat-panel monitor, and if you add a printer, it the actual computer becomes a minority of the cost.

Re:who's buying? (1)

Culture20 (968837) | more than 5 years ago | (#24467743)

Your Unreal Tournament 9 might feature realtime ray tracing, but it will run on a dedicated server to which your monthly fee will allow you something like an RDP, VNC, or remote X connection. Quadruple bonus for game companies:
  1. monthly fees
  2. cheating almost eliminated (although people might set up a NN on another cloud to play the game as if it were human)
  3. the game end-of-lifes when they want it to
  4. no pirates

Downsides (from the company perspective):

  1. bandwidth out the wazoo
  2. game companies required to house servers
  3. no pirates (might have to actually spend advertising dollars)

Not as dependent on hardware... (1, Insightful)

conner_bw (120497) | more than 5 years ago | (#24466803)

...but much more dependent on a proprietary non-standards compliant web browser?

So the plan is to kill two birds with one stone? Firefox and Google?

Flamewar follows.

Re:Not as dependent on hardware... (5, Insightful)

corychristison (951993) | more than 5 years ago | (#24467041)

I, personally, think they are digging their own grave with this one.

There just isn't enough bandwidth everywhere for there to be a totally online OS.

Re:Not as dependent on hardware... (4, Interesting)

Darkness404 (1287218) | more than 5 years ago | (#24467159)

Yes there is, the difference is, it can't be written by MS. A small team of hackers could probably code a decent OS that is web based, but as MS has shown us, they are incapable of coding for the present generation of hardware, so the OS they make won't be usable until everyone has 50 MB/Second connections.

Re:Not as dependent on hardware... (1)

Acapulco (1289274) | more than 5 years ago | (#24467309)

50Mbps? Hah. I bet with all the throttling going around, it will take forever to open notepad.exe... An online OS would probably work with a REAL 1Mbps unthrottled symmetric link...ah...one can dream.

Re:Not as dependent on hardware... (1)

Tubal-Cain (1289912) | more than 5 years ago | (#24467441)

Why not? All you are transferring is an X session.

Re:Not as dependent on hardware... (1)

JudgeFurious (455868) | more than 5 years ago | (#24467759)

"There just isn't enough bandwidth everywhere for there to be a totally online OS."

And there never will be if Microsoft creates it.

Re:Not as dependent on hardware... (1)

MRe_nl (306212) | more than 5 years ago | (#24467891)

They should be working on "post-cloud computing Windows" instead.

Re:Not as dependent on hardware... (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24468123)

640MB/month should be enough for everyone.

horrible article (5, Informative)

ianare (1132971) | more than 5 years ago | (#24466813)

Why was this abortion of an article selected, when there is a better ars one here [arstechnica.com] , and BBC here [bbc.co.uk]

Re:horrible article (3, Informative)

sm62704 (957197) | more than 5 years ago | (#24467099)

You must be new here. Notice also that it's not only a dupe, but the summary says it's a dupe!

The "abortion of an article" was selected so it could be slashdotted, setting its host server on fire, and creating true cloud computing; clouds of smoke.

Which is what Microsoft's "cloud computing" vaporware is. They used to call these things "thin clients." Our mainframe at work served these workstations, which were dog slow, as many companies did. Departments bought "microcomputers" (PCs) to get away from the slow speed of the terminals and the stodgy IT people who didn't realise that their toys were tools that staff needed to get their jobs done.

It seems to have gone full circle.

Re:horrible article (1)

jason.sweet (1272826) | more than 5 years ago | (#24467349)

They used to call these things "thin clients."

Before that, they called them "dumb terminals".

The name keeps getting better, but the crap is still the same.

Re:horrible article (1)

sm62704 (957197) | more than 5 years ago | (#24468133)

My comment sucked; I meant to say "dumb terminals".

Re:horrible article (1)

larry bagina (561269) | more than 5 years ago | (#24467103)

Posted by CmdrTaco

Over and out? (1, Funny)

Smivs (1197859) | more than 5 years ago | (#24466835)

No Gates, now no more Windows. Can someone please show Microsoft the Door!

Old News? (2, Informative)

HiChris! (999553) | more than 5 years ago | (#24466849)

Re:Old News? - AFAIK, yes - a dupe... (1)

Ralph Spoilsport (673134) | more than 5 years ago | (#24466915)

That was the FIRST THING that popped into my head - "I think I've read about this before..."

Slashdot editors working on the steam powered interweb...

RS

Oh boy ! the humanity !! (0, Redundant)

unity100 (970058) | more than 5 years ago | (#24466853)

remembering how many stuff they pulled and were able to get away with, i cant imagine microsoft in a cloud computing setting.

Deja Vu! (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24466861)

I saw an article just like this one just a few days ago... If I could just remember where...

Oh yes, it was on a site called Slashdot. Maybe you've heard of it!

http://tech.slashdot.org/article.pl?sid=08/07/30/1714249

Old news. (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24466871)

Dupe of http://tech.slashdot.org/article.pl?sid=08/07/30/1714249

Frost pi5t (-1, Offtopic)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24466877)

the resources that yo0r spare time free-loving climate or make loud noises Much organisation,

Yeah except... (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24466891)

  • Afaict, there is not evidence this is some kind of "web-based" OS. Just stop spreading buzz and fapping to vapour concepts please.
  • There is no evidence there will be "cloud-computing" aspect to the OS, at all.
  • The statement saying this OS will run with a virtualisation layer between the hardware and the OS is complete trash. This is just there to appease the whole "virtualization is God" crowd into thinking MS will solve all their backward compatibility issues this way. Secondly, if the OS is completely managed code, the OS will already be running from CPU architecture independent byte code through a JIT anyway.

cloud? (1)

Lord Ender (156273) | more than 5 years ago | (#24466895)

Cloud computing is just a buzzword for rented VMs at someone else's datacenter?

Wouldn't the popularity of such a service destroy the demand for systems administrators at independent datacenters?

If so, where do I go to get a job working on these clouds?

Re:cloud? (1)

msoori (614781) | more than 5 years ago | (#24467407)

As it turns out, on Cloud 9!

Re:cloud? (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24467535)

Wouldn't the popularity of such a service destroy the demand for systems administrators at independent datacenters?

No. You'd just have to start offering a cloud product, either by inviting companies like Amazon into your data center or by running your own. The SysAdmins that are screwed are the ones who work in IT departments inside other companies.

Cloud Computing (2, Funny)

TheOldSchooler (850678) | more than 5 years ago | (#24466907)

If only someone could utilize the power of cloud computing to get rid of dupes [slashdot.org] .

A Better Title... (1, Insightful)

tgatliff (311583) | more than 5 years ago | (#24466909)

Microsoft is working on a new OS that will never see the light of day because it will risk the monopolistic platform to which they now enjoy...

Re:A Better Title... (2, Insightful)

pitchpipe (708843) | more than 5 years ago | (#24467047)

Microsoft is working on a new OS that will never see the light of day because it will risk the monopolistic platform to which they now enjoy...

No, they are working on a new OS in order to continue the monopoly they now enjoy. If the paradigm of cloud computing becomes the reality, then they are fucked if they continue with their current business model.

Re:A Better Title... (1)

Z00L00K (682162) | more than 5 years ago | (#24467247)

Or that Microsoft will be owned by Dell because of the use of Cloud Computing.

Re:A Better Title... (1)

Beorytis (1014777) | more than 5 years ago | (#24467831)

Maybe Microsoft is lawyered-up and ready to invalidate Dell's B.S. trademark on Cloud Computing.

another bad idea for consumers (4, Interesting)

modernbob (558981) | more than 5 years ago | (#24466927)

Well, can't wait to pay for midori monthly, then office monthly, VS monthly, maybe media services monthly. MS will make 10 times the money they do now off software that you probably already have. Best part is every version that comes out we rush to get because we think it is going to be better.We haven't learned to use most of the functionality of the software version you are replacing.

Re:another bad idea for consumers (1)

Z00L00K (682162) | more than 5 years ago | (#24467277)

And probably this is caused by an over-consumption of Midori [midori-world.com] .

The meaning of "Midori" (4, Insightful)

Kupfernigk (1190345) | more than 5 years ago | (#24466939)

Perhaps a fluent Japanese speaker could confirm or deny, but I have been told that, although it is usually translated as "green", midori does not exactly correlate to the English word. (This is not unusual; the difference between "green" and "blue" is to some extent culturally determined as the two sets of cones in the eye have quite close spectral response peaks and the overlap region is therefore much less well defined than the red-green transition. Even in the British Isles, the word "glas", which is also vaguely cognote to "midori", has different color significance in Irish and Welsh.)

So: did someone in Microsoft just like the name, or is it a cunning way to express that they themselves don't quite know what this operating system is actually going to be? And is it time for anybody using the word in the US to get in a trademark application, just in case?

Re:The meaning of "Midori" (2, Insightful)

ianare (1132971) | more than 5 years ago | (#24467137)

according to ja.wikipedia [google.com] it is pure green at mid lightness, or RGB (0, 128, 0)

Re:The meaning of "Midori" (1)

baka_toroi (1194359) | more than 5 years ago | (#24467489)

ja.wikipedia also states that Midori, as a word describing the green color, didn't exist, and the word "Aoi" (blue) was used instead. It was the same in the Maya culture. That's why you refer to a traffic light or vegetables as being "aoi", instead of "midori." But I guess MS just tried to name it "Green", without any other connotation.

Re:The meaning of "Midori" (1)

onlysolution (941392) | more than 5 years ago | (#24467729)

You are kind of on the right track, but I believe that you are confusing midori (ç') with another Japanese word, aoi (é'ã)

Aoi is an adjective that is usually translated in English as "blue", but, as you suggested, it can also refer to the color green.

Midori is actually a noun that, while it used today to refer to the color green, can also refer to plans (i.e. greenery.) Hope that clears things up.

(P.S. Sorry if /. cocks up the encoding on the Japanese characters, at least I tried!)

Re:The meaning of "Midori" (1)

onlysolution (941392) | more than 5 years ago | (#24467811)

plans = plants. 'Should teach me to post at 1am!

Finally, innovation by the leader! (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24466959)

Who else than Microsoft could invent a web-based operating system?

hahaha... i think i just got an erection...

Re:Finally, innovation by the leader! (1)

quonsar (61695) | more than 5 years ago | (#24467037)

my god, just *THINK* of all the patents to be filed for.

Midori is already a browser. (0, Troll)

mr_mischief (456295) | more than 5 years ago | (#24466983)

It's quite sad that Microsoft feels the need to steal the name of an existing browser for their new browser-based project. A simple Google search [google.com] reveals there's already a Midori browser. The company Steve wants to buy [yahoo.com] reveals the same thing. Even MSN knows about it [msn.com] , so Live Search isn't left out.

Transmeta even had a Linux distribution meant for Internet appliances called -- you guessed it -- Midori [linuxdevices.com] .

How about a little due diligence, Microsoft? Or is the plan to just lie, cheat, steal, and discredit credit-worthy opponents in the eyes of CIOs and the press? What about the new, nicer, more open Microsoft we keep hearing about? Is that just more underhanded marketing building on the goodwill of truly open companies?

Re:Midori is already a browser. (3, Informative)

The Dancing Panda (1321121) | more than 5 years ago | (#24467173)

Midori is a code name, meaning it won't be named that when it's released. It's a pretty common word, as it means "Green" in Japanese. It's also the name of a common Melon Liquer. Chill out, not everything they do is evil, it's just a name.

Re:Midori is already a browser. (0, Troll)

poetmatt (793785) | more than 5 years ago | (#24467571)

Really?

What have they done that has not been involving some subterfuge. Name one thing since their conception that did not involve either: stealing someone else's idea, embrace extend extinguish, or was legitimately good and didn't have some hidden reason behind it that reinforced the evil or wasn't a complete and blatant lie.

(note: any "donations" by the gates corporation goes out the door with that too - follow the money on their "science" investments).

Re:Midori is already a browser. (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24467343)

Ever think that the name Midori is a popular name and Microsoft is in fact using this name as a code name for one their project? It's not like they are selling the thing under that name.

Douche bag.

On the subject of names (1, Funny)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24467403)

It's quite sad that Apple feels the need to steal the name of animals for their company. A simple Google search [google.co.uk] reveals there's already a Leopard. The company Steve wants to buy [yahoo.com] reveals the same thing. Even MSN knows about it [msn.com] , so Live Search isn't left out.
How about a little due diligence, Apple? Or is the plan to just lie, cheat, steal, and discredit mammal opponents in the eyes of CIOs and the press? What about the new, nicer, more open Apple we keep hearing about? Is that just more underhanded marketing building on the goodwill of truly open companies?

Life beyond windows, ha (1)

carp3_noct3m (1185697) | more than 5 years ago | (#24466987)

Like microsoft would dream of such a dastardly idea? It will be called the "Windows Clouds 2010" And have a default background of ...gasp..clouds. And then there will be all kinds of cloud related monikers like stormy storage, lightning load speeds, thunder media player etc. Then we will all galavant around in our happy cloud-filled windows certified lives saying stuff like "Microsoft will save us from evil data thieves!" Maybe we should just pull our heads out of the clouds? I want to ride away on a cloud of despair and doom! ....../snaps out of strange behaver/......where am I? i dont have blue curtains...why am I on the bathroom floor?

Peace of mind please (1)

build319 (1338455) | more than 5 years ago | (#24467027)

For some reason or another, the idea of cloud computing just terrifies me. Its my feeling that cloud computing, if it were to become the standard, will completely destroy any third party software company. You will have to deal with the big providers out there to be able to do anything and all software companies would have to sign up for contracts with Microsoft, Google or whoever to allow, your software to run on someone elses computer. Am I just being stupid here or is there a real concern for anyone in the software business here?

Re:Peace of mind please (1)

querist (97166) | more than 5 years ago | (#24467133)

That is an excellent point, and I believe it to be quite valid.

However, I think that part of the issue lies not in the "cloud" itself but in the hardware that is used to access the cloud. This looks like a variation on the old "network computer" theme that was making the rounds about 8-10 years ago.

It is one thing to access applications on a distant server, it is entirely different to be dependent on those distant servers for all computer functionality (other than the obvious booting into the "cloud" OS, though even that can be network dependent).

If the move is toward that network-centric and network-depenedent model of computing, then I must agree that your predictions of the demise of third-party software vendors may be warranted.

No offence intended, but I sincerely hope that you are wrong.

And it will have WinFS... (4, Insightful)

dpbsmith (263124) | more than 5 years ago | (#24467073)

Don't tell me, let me guess. It will have all the stuff Microsoft that was going to be in every version of Windows since Windows 95.

As the release date approaches, Microsoft will suddenly start echoing all the knocks critics have been making on Vista, saying it is insecure, difficult to use, presents a bad user experience and is generally a piece of junk which only fools would ever have purchased... but, fortunately, Midori will solve all these problems, and will include a Web-standards-compliant browser, an animated character that will pop up and give you only helpful advice and only when you actually need it, WinFS, and Duke Nukem Forever.

And if you believe them, then you'd believe that Lucy will finally let Charlie Brown kick the football.

Grrrr. (1)

apodyopsis (1048476) | more than 5 years ago | (#24467079)

yes it is a dupe.

and, no it has no real innovation I can see. Abstraction layers, distributed systems, "cloud" systems are nothing new - this seems to be a stitch together of lots of buzz words and an attempt to steal thunder and market share from Google.

but there are greater risks to this style of system that I am *utterly* philosophically opposed to.

it paves the way for SW as a service to rent by the usage or monthly/weekly charge. I really *hate* that idea - if I buy a computer and SW I want to own it and never have to pay again. I want to be able to run it off the net totally free from virus and hacking and I want to have complete control over what I do on it.

from my point of view MS can take Midori and shove it up their ass, I suspect that I am not alone in these sentiments.

BUZZ BUZZ BUZZ (1)

PJCRP (1314653) | more than 5 years ago | (#24467087)

Jesus christ, infactual buzzing in this blogosphere. Someone must have let the bees' out again.

Not going to happen... (0)

Darkness404 (1287218) | more than 5 years ago | (#24467125)

This isn't going to happen. By the time that Windows has lost most marketshare, MS will be regarded as dying if not dead. It is then that MS will release this, and assuming it is pay to use, with a subscription, a lot of people will wonder if MS will go bankrupt and not use it.

A fundamental assumption of such an OS must be... (2, Insightful)

rasmack (808487) | more than 5 years ago | (#24467127)

... that hardware is expensive and bandwidth is cheap. So far this has very much not been the case. It is still a pain running remote X-applications over most household broadband connections. In fact I find the lag time annoying even on a LAN.

When do they figure that we will be able to run a "web-based" OS? 'cause it sure isn't anytime soon.

WOW (1)

Dan667 (564390) | more than 5 years ago | (#24467181)

Holy cow, what a great idea. In the complete originality and freshness of the idea, I think there should be an equally original and fresh idea for it's name. How about "dump terminal"?

De-MarketSpeak translation of Microsoft"'s" "SIP" (4, Informative)

jdb2 (800046) | more than 5 years ago | (#24467201)

The following is copied from my journal. It's a comment concerning the microkernel protection mechanisms of Midori which was intended to be posted in the previous story, but unfortunately I modded that one. This time, dupes actually help ;) :

"SIP", or "Software isolated processes" is just MS marketing hype speak for what is known as a Language-based system [wikipedia.org] in which seperate processes can be isolated from one another without paging or other hardware protection mechanisms. This is done using the semantics of the language in which the processes are programmed which excludes any possibility of one process intruding into the address space of another.

One example of a similar OS would be Bell Labs' Inferno. ( thanks to Knots for pointing this out ) Also, there's JX, which is an open-source microkernel based operating system in which the (micro)kernel and the applications are written in Java and run under a modified version of the JVM.

jdb2

I uninstalled Vista and moved to Ubuntu (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24467217)

It's been great! I'm free and never going back!

Real Innovation, from MS? (4, Insightful)

zShutter (917686) | more than 5 years ago | (#24467273)

Yeah, it's MS, but before jumping completely on the stomp-it-dead bandwagon, I'd say this: We thought Apple was dead once too. If MS can do some real innovation here, and bring a new paradigm to an operating system, we'll be lucky. Innovation never hurt anyone, and it may come when you least expect it. If Apple can pull off a 180, so can Microsoft.

Re:Real Innovation, from MS? (3, Insightful)

je ne sais quoi (987177) | more than 5 years ago | (#24467837)

If Apple can pull off a 180, so can Microsoft.

There's a difference. Apple had a visionary at the helm when it turned around, in particular the second coming of Steve Jobs (love or hate the guy, you have to admit he has vision). Having a visionary is important for turning around a big company because they have to fight off the corporate goons that drown every decent idea in marketing nonsense and bureacracy. For Microsoft, Bill Gates has been decreasing his role at MS for some time now. Do you see any other visionaries at Microsoft?

That said, to point out a counter-example,IBM seems to have changed its tune as well without some sort of outspoken visionary.

Free Hardware For All (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24467307)

This is the greatest News! There will be free hardware for all!

You will receive a [very] basic PC.

There will be no local storage, you will pay google/microsoft/etc a "small monthly fee" for storage.

There will be no CD/OS, you will pay google/microsoft/etc a "small monthly fee" for applications.

There will be no need for maintenance or upgrades, your "small monthly fee" will pay for that.

Larger applications can be run on your "XBox-360-II" which you will rent for a "small monthly fee".

Think it won't work? It already works for cellphones. Enjoy paying your "small monthly fees".

Missing word: "Mushroom" (1)

sjonke (457707) | more than 5 years ago | (#24467319)

n/t

Windows Cloud Computing? (0, Troll)

tristian_was_here (865394) | more than 5 years ago | (#24467379)

I guess Microsoft have finally learnt it takes more than one average desktop computer to run Vista.

Question ... (1)

grayn0de (1301165) | more than 5 years ago | (#24467445)

Web-based, huh? Will it run under Linux?

Re:Question ... (1)

cloakable (885764) | more than 5 years ago | (#24467857)

No.

Plan 9 (1)

WindBourne (631190) | more than 5 years ago | (#24467619)

Sounds like MS just wants to "create new ideas" by "borrowing heavily" from Plan 9. [wikipedia.org]

It's official... (3, Insightful)

IGnatius T Foobar (4328) | more than 5 years ago | (#24467709)

...Microsoft now officially has its head in the clouds.

Old school Microsoft bashers will, of course, recognize this as Microsoft's tried-and-true strategy of preannouncing vaporware in order to freeze the market. Buyers put their plans on hold and wait for Microsoft's product to emerge, effectively killing the competition, even though the competition has non-vapor products on the market today.

Does anyone even remotely think that the vaporware strategy will work this time? Cloud computing is all about the elasticity of computing resources. It's a natural fit for unlicensed operating systems. Microsoft's entire business is built around per-unit software licensing. Anyone who's been around an IT shop that uses Microsoft products knows that keeping track of licenses is practically a full time job. Add in the elasticity of cloud computing and it becomes pretty much impossible.

I'd even go as far as saying that cloud computing is fundamentally incompatible with Windows.

Vibrant in-text advertising (1)

argent (18001) | more than 5 years ago | (#24467865)

It appears that "Vibrant in-text advertising" does not allow end-users to opt out of their pop-ups any more. I would like to encourage story submitters to stop providing links to sites (like the one referenced here) that use Vibrant and other in-page popups.

SD Times: First, and most detailed (1)

j.j.jameson (1338495) | more than 5 years ago | (#24467883)

This story has taken more twists and turns than the Longhorn release cycle. For the FIRST, ORIGINAL, MOST DETAILED story on the Midori release, how Microsoft has considered migrating folks from Windows and a lot on concurrency, here's the link to the SD Times story that broke all this news: http://www.sdtimes.com/link/32627 [sdtimes.com]

So. (1)

Vexorian (959249) | more than 5 years ago | (#24467907)

this story sounds familiar to you, it probably is.

I guess slashdot is now posting dupes even when they are aware of it.

With Microsoft's Vista promise/delivery ratio... (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24467917)

"Midori" is probably going to end as a C# rewrite of Windows Explorer. Nothing wrong with that, of course, because when it finally hits the shelves, standard PCs will ship with several times the amount of RAM as they do today.

Playing games (1)

bmorency (1221186) | more than 5 years ago | (#24467943)

Since this will be a web based operating system does anybody know how one might play games that would need to be installed? Trying to play crysis or any other graphic intensive game wouldn't work very well.

Another approach involves running Windows alongside Midori, and the last alternative would be a standalone Midori implementation that could run traditional Windows applications.

Also it says one solution would be to run windows alongside midori. what would be the point of having midori if you have to run windows anyway. If another solution would be to have a standalone version of midori what would be the difference between that and just another version of windows?

cool (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24468019)

now you can have a blue screen inside a blue screen

Microsoft's wierd mania for virtual machines (5, Interesting)

Animats (122034) | more than 5 years ago | (#24468027)

First .NET, now this. Why Microsoft's mania for virtual machines, considering they only support x86 targets? Microsoft at one point supported NT for PowerPC, MIPS, Alpha, and x86, and that was with hard-compiled code. So it's not about portability. It seemed to be more like Microsoft's answer to Java - if Sun was succeeding in that market, Microsoft had to go there too.

Rather than trying to use software-separated processes, it would be more useful to improve message passing so that hardware-separated processes could talk to each other better. This, by the way, is one of the big weaknesses of the UNIX/Linux world. In UNIX/Linux, interprocess communication sucks. What you usually want is an interprocess subroutine call, or "synchronous message-oriented interprocess communication". What UNIX and Linux give you are pipes (one way, stream-oriented, asynchronous), sockets (two way, stream oriented, excessive overhead, asynchronous), System V IPC (used by nobody, message oriented, two way, asynchronous), and shared memory (unsafe, one process can crash another). There's no safe, synchronous message passing system. You can build one atop the existing mechanism, but there's a big performance penalty. The result is huge, monolithic applications, or systems that use "plug-ins" that can crash the entire application (i.e. Apache). Fast message passing has a bad history in the UNIX world, due to the Mach debacle, but it works fine in QNX, IBM VM, and hypervisors like Xen. (Windows has fast message passing, although for historical reasons in the 16-bit era it's somewhat clunky and too tied to the windowing system.)

Windows at least has a standardized approach to message passing. The UNIX/Linux world does not. This leads to a proliferation of mechanisms for doing the same thing. Both KDE and OpenOffice use CORBA for message passing, but they don't use compatible versions of it.

Implement from scratch, new bugs unfold (3, Insightful)

Killer Eye (3711) | more than 5 years ago | (#24468203)

Don't they realize that implementing something from scratch, much less something this complex, undoes all of the security and other bug fixes found by hundreds of people over more than a decade (not to mention invalidating the experience of thousands of people with established systems)? They're guaranteed to end up with something that has unknown quirks, and that's after it's released to market years later than it's supposed to be.

I'll allow that Microsoft is capable of good ideas. But they'd be much smarter to build on solid foundations and just bring the good ideas to market.

"Post Windows" ??? (0)

Anonymous Coward | more than 5 years ago | (#24468267)

"Post Window" ? Did that erea start when they released Vista, or just when they ended the sale of XP ?

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